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29 mai 2007

Les gens et le service minimum

Publié par merlinbreizh dans Humeur, Politique

“Les gens” sont très importants.
“Les gens” est un concept politique ultra novateur. Pour nos hommes politiques modernes (dedans le concept “les hommes politiques modernes” je mets aussi le concept “les femmes politiques” qui est le même concept, mais légèrement maquillé), le concept “les gens” est le prisme par lequel toute problématique se doit d’être analysée sous peine d’être cataloguée “vieille politique”.

Il faut parler “aux gens”. Aux vrais gens.
Il faut leur parler de leurs problèmes de vrais gens, c’est à dire avec des mots très simples de gens simples. Car pour les hommes politiques, les gens sont toujours simples. Alors il convient de leur parler simplement de leurs vrais problèmes simples de vrais gens simples. C’est cela, disent les hommes politiques de rupture post-moderne, que les gens réclament à travers tous les sondages d’opinions.

Avant.
Avant, au temps des hommes politiques anciens, ceux d’avant la rupture, on parlait le langage de la haute administration française. Cela signifiait que les hommes politiques ne s’intéressaient pas aux problèmes des gens, qu’ils appelaient d’ailleurs “chers CONcitoyens”, ce qui est presque insultant.

Du coup, “les gens” se détournaient de la politique qui ne s’adressait pas à eux. “Les gens” détestaient les hommes politiques qui ont commencé à flipper de se faire piquer leur place par un cyclope breton qui, lui, savaient parler aux gens.

Voilà pourquoi les hommes politiques parlent aujourd’hui aux gens comme le cyclope breton.

Mais si le concept “les hommes politiques moderne” ou de rupture, comme le cyclope breton, consent à parler aux gens de vrais problèmes de gens, c’est pour mieux les accuser d’être responsables de leurs problèmes. Ainsi, les hommes politiques, qui ne sont jamais responsables de rien, peuvent garder leur place dans leur métier très concurrenciel. Et “les gens” sont bien embêtés et confus d’être si toquards.

grêve des métros à Paris


Exemple.
“Les gens” ont le droit d’aller travailler. Il ne faut pas empêcher “les gens” qui ont besoin de gagner leur vie de se rendre à leur travail. “Les gens” réclament le service minimum. Le service minimum est en effet un problème réel de la vie quotidienne. Oui, mais quand ? Tous les jours, ou bien seulement les jours de grève ?
Ce ne sont pas les hommes politiques qui accusent. Non, les “gens” sont systématiquement invités à se diviser pour arriver à ce pénible résultat :

“Les gens” sont coupables de ce qui leur arrive :
Ainsi les problèmes de transports, c’est la faute des fainéants de grévistes, qui sont eux-même des gens comme les autres (quid des incidents, des pannes, des retards qui sont la première cause d’insatisfaction des voyageurs ?) Circulez, bon gens, il n’y a rien à voir !

Et ainsi de suite.

Le cancer voit le nombre de personnes atteintes exploser : putain, mais “les gens” devraient arrêter de fumer, de boire, de prendre le soleil ! (quid des produits de synthèse contenus dans les produits alimentaires ? des produits cancérigènes contenus dans le bitume des routes et qui s’infiltrent dans le sol, quid des shampoings, des déodorants, de l’aspartamme ? Hein ?!)

Le chômage : c’est de la faute de chômeurs qui sont “des gens” pas suffisamment mobilisés, c’est bien connu (quid de la réalité sociale ?)

La-dessus aussi, on a le droit au service minimum…

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