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8 novembre 2007

Porte de Vincennes, rien que ça

Publié par merlinbreizh dans Croquis, Humeur, Littérature, Textes

Paris le 7 novembre, 12H24
Ca c’est passé là, porte de Vincennes. Je sors du périph à bord de mon véhicule de loisir, un berlingo 2.0 HDI Modutop. J’aime bien rouler seul. C’est assez rare en fin de compte. Ca me fait toujours un « coup de reviens-y », comme lorsque j’avais 20 piges et que je roulais bourré dans Paris, que je me tapais des records de périph à 160/170 compteur. Ce ne serait plus possible aujourd’hui. On vit une sale époque.

Bettina m’attend pour passer à table. Je l’ai appelé approximativement 20 minutes avant mon heure d’arrivée supposée, histoire qu’elle mette à cuir les pommes de terre à la vapeur. Une autre époque, je vous dit. Mais quoi que j’en dise, quoi que j’en pense, je ne reviendrais en arrière pour rien au monde. Je suis devenu un papa poule qui aime rentrer dans son poulailler et surveiller ses petits du coin de l’oeil.

L’autre, il est arrivé de ma droite. De Montreuil (93, Seine-Saint-Denis). Je connais bien, je suis né à Bondy et j’ai grandi à Noisy-le-Sec, juste à côté. On ne me la fait pas. Il est venu immobiliser son véhicule de loisir dans un feulement de V8. Une Ford Falcon Squire Wagon, 1964 ; mon année de naissance, ça ne s’invente pas. Comment n’aurais-je pas pu regarder cette caisse. Elle était dans son jus, un rouge délavé magnifique. L’autre, il avait la tête de l’emploi ; le bobo Montreuillois avec le bonnet de marin de Serpico vissé sur sa tête de quadra, la veste en cuir Vintage que portait Jean Gabin dans La Bête Humaine, les magnifiques petites lunettes noires en écaille designées par Armani, et biensur, la barbe de deux jours sur le menton pour pouvoir s’admirer à loisir dans le rétro de la Ford importée à grand frais de New-York.

D’un doigt, j’ai pressé la commande au volant de l’auto-radio pour baisser le son, puis j’ai adressé un sourire bienveillant à l’autre. J’ai appuyé sur le bouton de la vitre électrique côté passager. L’autre m’a renvoyé mon sourire en s’échinant sur sa manivelle chrômée de portière pour nouer le contact.

J’ai dit :
- Dégage de là, sale pute ! Franchement j’en ai ma claque de croiser vos sales gueules dans mon secteur !

L’autre, il a enfoncé sa tête dans ses épaules avec une expression de comptable alors qu’on nous klaxonait derrière. Le feu venait de passer au vert ; j’ai engagé la première et fait une queue de poisson à l’autre avant de disparaître dans Paris (20 ème arrondissement).

Oui. Ou plutôt non, faut pas m’emmerder quand je suis seul au volant aux abords du 93 (Seine-Saint-Denis).

Ford Falcon Squire Wagon, 1964

Ford Falcon Squire Wagon, 1964

2 Réponses à “Porte de Vincennes, rien que ça”

  1. MarcelD dit :

    Euhhh! C’était donc toi!!! T’as l’air super aimable, ça fait peur!
    Sinon belle voiture, et excellente année :o )

  2. merlin dit :

    Bon allez, faut être honnête :
    il y a ce que je ressens (c’est ce que j’écris) et la réalité plus plate des évennements qui se résume à un : « tiens il a une bonne tête de con, lui ! »

    Si, je suis super aimable d’abord !

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