>Le Grenier

20 novembre 2007

Le bahut

Publié par merlinbreizh dans Auto, camping-car, Holidays, Vivre autrement

Pour Noël, moi j’veux ce jouet là ! Ou celui-ci ! Ou…
J’ai toujours été fasciné par les camping-car. Pas les baignoires en plastique avec deux vieux et un chien dedans (flute ! J’ai un chien, je vieillis…), plutôt ces bahuts hétérogènes, fait à la main, récupérés, bidouillés avec les moyens du bords : un ouvre-boîte, une clef de 12, des fonds de pots de peinture…

P.S. Non, je ne parle de bahut avec des lycéens dedans. Je pratique surtout l’école buissonnière…

 

camping-car Mercedes et pots de peinturecamping-car Mercedes long

camping-car, car !camping-car Mercedes Oldstyle

20 novembre 2007

Le vieil homme en transit

Publié par merlinbreizh dans Auto, camping-car, Croquis, Terre

Une avenue, quelque part dans Paris
Le Ford Transit devait avoir fait deux fois le tour du compteur, et peut-être aussi de la terre. Il était garé là, près d’une école maternelle ; blanc, cabossé et rouillé. La pluie qui tombait ce matin là redonnait un peu de brillant à la carosserie. Les vitres arrières du fourgon étaient masquées par des cartons et des palettes de chantier placés à la verticale contre les portes. C’est cela que je remarquai en premier : il devait y avoir un sacré bazar à l’intérieur. Peut-être la camionnette d’un ouvrier du bâtiment faisant des chantiers au noir. Il y avait des travaux dans un deux pièces du second étage de mon immeuble, j’imaginai que c’était peut-être à lui.

Du temps s’écoula. Les feuilles tombèrent des arbres, faisant un tapis imposant sur le trottoir, des Petits hommes verts et leurs engins de nettoyage de la Ville de Paris vinrent effacer les traces de l’automne, et le vieux Ford Transit blanc n’avait pas bougé un seul jour. Le bazar à l’intérieur non plus.

Le jour où je vis une épaisse fumée blanche s’échapper du pot d’échappement du Vieux Ford Transit, mon regard chercha aussitôt qui se trouvait au volant. Je ne vis d’abord que l’éclat rouge d’une cigarette briller dans l’ombre.

L’homme qui se trouvait au volant me sembla petit. Petit et sec. Et il était vieux. Ses traits étaient creusés, dur, son teint gris. Il arborait une maigre barbe de quelques jours, il portait aussi un bonnet en laine sur la tête. Il faisait très froid sur Paris. D’une main il tenait le volant de l’autre sa cigarette qu’il roulait machinalement entre ses doigts entre deux tafs. Il pleuvait, les essuie-glaces balayaient sporadiquement le pare-brise, si bien que le vieil homme disparaissait par intermittence derrière un rideau de gouttes qui le transformait petit à petit en un tableau inquiétant de Francis Bacon.

Je m’arrêtai à sa hauteur, mon chien pissa, je fixais le vieil homme. Il regardait droit devant lui. Devant lui, il n’y avait que l’arrière d’une Clio grise et rien d’autre. Il ne semblait rien attendre. Simplement il était là, au volant d’un Transit toussottant, moteur allumé.

Ce soir, un carton qui masquait la vitre latérale du fourgon avait glissé de son emplacement. J’ai pu regarder à l’intérieur. A l’arrière de la fourgonette se trouvait un vieux frigo, un vieux vélo, quelques meubles entassés n’importe comment, des objets disposés au mieux dans les interstices, un matelas miteux sur le tout. Dans un minuscule espace libre s’entassaient des gros sacs poubelles noirs remplis de vêtements bien pliés…

Le vieil homme habite là.

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5 juin 2007

travellers

Publié par merlinbreizh dans camping-car, Croquis, Holidays, Humeur, Littérature, Moi, Textes

Que voulez-vous, je reste un grand enfant.
J’adorais mes petites voitures Majorette. Je pouvais jouer des heures à la “vraie vie” sur mon lit, les motifs écossais de ma couverture faisaient office de routes, les carrés de couleur orange (Eh ! Les années 70’s !) représentaient autant de carrés de pelouse avec des rêves de maisons Kauffmann & Broad sagement posés dessus.

En me penchant tout près de mes petites voitures garées dans les replis de ma couverture, mon univers était bien réel, et plus beau, bien plus beau que le vrai.

Ainsi, je me représentais ma vie future. Papa, maman, deux enfants, une résidence pavillonnaire, un cabriolet, une moto, un chien, et puis tout un tas d’objets qui s’ajoutaient au fur et à mesure (skis, vélos, fusils, mitraillettes, planche à voile, banc de musculation, salle de projection, piscine en dur, etc, etc, etc) jusqu’à ce que mon esprit en soit rempli et qu’il crie : STOP !

“Non ! Je n’ai pas changé !”
Aujourd’hui, je me surprends parfois à prendre en photo sur mon portable tout un tas de fourgons aménagés de manière improbable. Je me suis plus d’une fois demandé à quoi rimait ce rituel. Pourquoi, dès que je vois un de ces bazars à l’horizon, je lâche femme et enfants au milieu de la rue pour aller shooter l’engin sous tous les angles.

J’ai 6 ans.

Il m’arrive souvent de rêver de Départ à bord d’un de ces vieux camions de livraison hors d’âge. Moi, ma caille, mes gosses, mon clébard, sur le ruban de bitume bleu nuit ; partir droit devant, sans réfléchir. Rouler tant qu’il y a de l’essence. Pour aller où ? Dans quel but ? Je déteste voyager, moi.

Je déteste le mouvements, les changements.

C’est un problème, je sais. Je déteste également le bricolage. A 43 ans on ne se refait plus, on peut maquiller un peu la réalité, tout au plus. J’ai bricolé une seule fois ma voiture, c’était en 1985, j’avais 21 ans. Le carburateur de mon Opel Ascona modèle 72 est resté entre mes doigts menus comme un puzzle de métal. J’ai finis par appeler un garagiste pour qu’il vienne récupérer mon engin devant chez moi.

Avec un tel pedigree, quelle expérience salutaire peut-on espérer vivre à bord d’un camion tout pourri ? A quoi ça peut bien servir de rêver à des trucs qu’on ne fera jamais, puisqu’au fond, on sait pertinemment qu’on serait bien malheureux si on s’y frottait pour de vrai ?

LI-BER-TE, j’écris ton nom !
Moi, je crois que je désire”simplement” emprunter les lignes de couleurs tracées au cordeau sur ma vieille couverture en laine. Moi et toutes mes petites voitures ! Surtout celles que j’ai oublié depuis longtemps. Mes camions de pompier, mes breaks, et mes petites fourgonnettes en métal avec les portes qui s’ouvrent, même la porte coulissante sur le côté ! Attention surtout à ne pas abîmer les petits ressorts sous les roues… Sinon elles ne roulent plus tout droit : elles tournent. Et j’aime pas.
A travers le petit écran carré du mobile, c’est elles que je conserve pieusement, sagement rangées sur la couverture à carreaux oranges ; et je rêve à leurs promesses de futur en forme de décor pour trains électriques. J’ai encore et toujours 6 ans. Un jour je vais grandir, c’est sûr… (Quand ?)

Si quelqu’un à une réponse éclairante…

Comme je ne suis pas à un paradoxe près, je vous livre ici le genre de plaisanteries que j’apprécie par-dessus tout : impossible à manoeuvrer, impossible à garer pour faire ses courses, impossible à entretenir chez le Citroën du coin, impossible tout court (ou long)…

Mais franchement, je serais pas beau au volant de mon terrible engin ?

camping-car ki me fé kiffer grave !Camping-Car, Plage de Trenoen, Finistère

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