>Le Grenier

20 novembre 2007

L’homme arbre

Publié par merlinbreizh dans Maladie, Santé

Après la femme fontaine, l’homme arbre
La nature est ainsi faite qu’elle offre une infinité de transformations possibles. Ici, un Papillona virus associé à une malformation génitique ; et voilà le travail, je vous présente : l’homme arbre !

Il semble qu’un traitement à base de vitamine A, ainsi que des opérations puissent permettre à cette personne de devenir lui-même : enfin !

Sur YouTube :

L'homme arbre, ça existe, évidemment !

Votez pour cet article : L'homme arbre dans Maladie wikio4

31 octobre 2007

Savant dosage

Publié par merlinbreizh dans Humeur, Maladie

” L’important n’est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres.“
Daniel Tammet, 28 ans, autiste  » savant  »

Pas con
Il y a des phrases comme ça, toutes bêtes ; presque des phrases toutes faites, sauf que, évidemment, nous autres qui sommes des cons, on aura été bien incapable de la poser, là, au moment opportun, dans toute sa simplicité.

Au hasard
Einstein, Van Gogh, Hitchcock, Mozart : tous (sans doute, peut-être, sûrement) des autistes de haut-niveau. Beaucoup d’artistes hors normes sont atteints de cette défaillance du cerveau. L’autiste de haut-niveau perçoit le monde tel qu’il est. C’est à dire que son cerveau ne hiérarchise pas les informations sensorielles qui lui parviennent ; ainsi une sirène de pompier qui claironne très loin dans la ville ou un crissement de pneu brutal dans la rue d’à coté peut le mettre en panique alors qu’il est peinard dans son salon. Le cerveau d’un autiste ne parvient pas faire le tri entre ce qui est important pour nous et de ce qui ne l’est pas. Quel con !

Comme quoi la maladie peut aussi être une chance
Cette défaillance du cerveau permet à contrario à cet autiste de briller par une mémoire phénoménale. Les autistes de haut niveau apprennent tout très vite, comme des ordinateurs. Mieux. Ainsi ce dessinateur noir américain qu’on promène au-dessus de Rome à bord d’un hélicoptère pour un vol de 45 minutes, et qui est capable de redessiner Rome en perspective et dans son intégralité, rue par rue, sans omettre la moindre colonne de la façade du Colisée. Ca lui aura demandé cinq jours complets ; l’ordinateur humain a quand même ses limites !
 

28 octobre 2007

Rage

Publié par merlinbreizh dans Humeur, Maladie, Santé

J’ai envie de tuer une chose !
J’ai une petite rage de dents. Le genre de douleur qui s’apprécie en silence, assis dans son lit, les yeux écarquillés au milieu de la nuit. C’est comme si la fraise du dentiste creusait cette bonne vieille molaire depuis deux jours, sans anesthésie, cela va sans dire…

Le Dien’Cham est une méthode efficace contre les douleurs dentaires (un moment en tout cas), la réflexologie agit moins vite, mais plus durablement sur la douleur. Sinon il reste aux désespérés la chimie lourde avec Nurofentabs (en vente libre en pharmacie… redoutablement efficace en 30 mins)

Une dent contre moi !

10 septembre 2007

Bisou Bizot

Publié par merlinbreizh dans Culture, Maladie

Terriblement Actuel
Jean-François Bizot a perdu la partie de poker menteur qu’il avait entamé voici plusieurs années avec « Jack le squatter », le nom qu’il avait donné à son cancer. Voilà, la messe est dite (enfin presque).

Contre-culture et autres bizarreries
Ca fait un peu chier quand même. Moi, j’ai grandi avec Actuel, le Actuel seconde version à partir de 79. D’ailleurs, en y pensant, le graphisme de ce blog ne serait sans doute pas ce qu’il est si je ne m’étais pas fait l’oeil sur Actuel. Ce magazine a beaucoup compté pour moi, quand à 18 ans, j’ai décidé de stopper l’école pour le dessin. Pas si facile de sortir de ma ville nouvelle à 30 kms de Paris. Si loin. Tellement si loin pour un jeune type timide rêvant d’aventure, de passion, de graphisme, de littérature américaine, de dérives et de blondes à gros seins, mais oui je l’ai déjà dit : timide. Actuel m’a permis de glisser un semblant de culture alternative dans ma besace, histoire de ne pas débarquer les mains vides, de me sentir moins con, moins niais que je ne l’étais en vérité. Les idées les folles, les plus intelligentes comme les plus stupides, les groupes de rock les plus sulfureux, il y avait tout ça dans Actuel, tout ce qu’on serait incapable de trouver aujourd’hui dans la presse à gros tirage. Actuel virevoltait joyeusement, un sacré bordel. Un genre d’internet de papier à la mise en page foutraque.

Actuel c'est fini (1975)

Place aux jeunes… (cons)
Bizot a passé, un peu. Actuel est mort. Les temps changent à ce qu’il paraît. Les jeunots doivent se demander ce qu’on pouvait trouver à ce gros bide avec sa mèche d’aristo et ses valoches sous les yeux. C’est nous autres aujourd’hui les vieux cons.
Le proverbe persan ci-dessous est évidemment plus vrai que jamais…

 

Jean-François Bizot

6 septembre 2007

Un jour G été mort

Publié par merlinbreizh dans Littérature, Maladie, Moi, Textes

La vie est étrange. On s’agite, on fait du bruit, on vibre, puis un jour, rien : le vide. Zéro. Zéro pour de bon. Plus rien qui aille. Votre concubine vous balance dans les dents « Où tu passes l’aspirateur où tu vas à l’hôpital ! Capito ? » Comme vous êtes un compagnon aimant, vous passez l’aspirateur, tel un zombi automatisé ; en toussant. Vous allez au devant des meubles, vous débarassez le plancher de la poussière, votre poussière. L’air vous manque. Vous êtes gris, ailleurs, distant. La distance entre les presque morts et les vivants s’installe sans qu’on s’en aperçoive. Un jour elle est là, comme un mur de Chine.

Vous vous rendez à l’hpôpital, comme on rend les armes. Une larme rampe sur votre joue, tombe à terre. Vous regardez la ville, le marché près de Ménilmontant, des visages s’impriment au plus profond de votre cerveau. A tout jamais. Tout jamais ? Mais ça veut dire quoi, quand, on plus profond de soi, on sait déjà. On sait qu’on ne sortira pas de l’hôpital aussi vite que ça. Des voix, des lumières, un brancard, une chambre (pas si mal en fait), des aides-soignantes, le silence. Rien qu’un silence négligent. Le temps. Je regarde la télé, de temps en temps. Florence Aubenas, alors, est aussi morte que moi. Une morte 2.0 : elle aussi. A des milliers de kilomètres, elle attend. Dans le noir de sa prison. Il neige et il fait froid à Paris. Je suis près, et j’attends. Oui, je suis près. Elle aussi j’en suis sûr. Il se trouve que nous nous connaissons. Un peu. J’ai travaillé à Libé, on se croisait parfois le soir. On se regarde, pour ainsi dire, par écran de télévision interposé. Il est facile de partir, d’abandonner sa vie, les siens, le monde, lorsque la maladie vous a bien éreinté, lorsque les talibans vous retiennent. Le corps humain est ainsi fait. Elle et moi, Florence Aubenas et Merlin, on est là comme deux cons à attendre : « et il est à quelle heure ce train pour l’au-delà ? » Finalement, il ne viendra pas. Il y a grève pour Florence et Merlin. Tant mieux.

Parfois (souvent) j’y repense. Peur que ça recommence. C’est comme une expérience, un happening où le temps n’a plus de valeur. Cela se joue dans l’espace qui sépare les secondes ; ce que l’on vit est violent, urgent, unique. On le ressent intimement. Ce qui se passe alors, c’est évident, on ne le revivra pas. Comment pourrais-je faire de ce moment un mauvais, un sale moment ? Non. Il s’agit d’un espace particulier, unique, incroyable hallucinogène et envoutant.

 

26 juin 2007

Karim Achoui

Publié par merlinbreizh dans Humeur, Maladie

Il se trouve, cher maître, que nous avons une connaissance en commun. Aussi, comment ne pas penser à vous. A ce gâchis. La vue sur le périph depuis la porte de Montreuil est-elle si différente de celle d’une chambre de l’hôpital Européen Georges Pompidou, près de la porte de Versailles ? Comment échapper à son destin ? Que c’est con l’existence ! Deux balles dans le buffet, comme un vulgaire truand. Pas mieux. Vous voici donc ramené au cliché, si loin du boulevard Raspail, si loin du cabinet feutré d’un célèbre avocat. Ci loin de vous-même, si près de cette gueule de méchant au regard trouble qu’on croirait tout droit sorti d’un film noir des années 50.

Maître jarim Achoui.

Qu’allez-vous faire de cette vie qui s’ouvre à vous ? Vous avez eu la chance, comme moi, comme bien d’autres (on est pas seuls, merde) de mourir une fois, presque pour de bon, et de vivre encore un peu.

Alors ? Ca fait quoi ? C’est comment l’air qui emplit une fois encore ses poumons ? C’est comment la lumière, le visage de l’infirmière, les bruits du couloir, les rires des aides-soignantes le matin ?

Vous n’avez jamais été aussi libre. Croyez-moi. La mort, à tout moment peut revenir vous chercher, en scooter ou même à pieds. Comme tout le monde ici bas. La liberté à ceci de terrible, que cette fois vous savez. Vous savez que tout repose sur vous, que cela ne tient qu’à vous. Que cela n’a qu’un temps, de toute façon.

Alors bonne chance pour cette nouvelle journée, Cher Maître.

25 juin 2007

Malade

Publié par merlinbreizh dans Enfants, Maladie

Ce matin Louison était malade. Elle nous couve quelque chose avec ses 38,5°. Je me souviens que lorsque j’étais enfant, j’adorais être malade.

Sick
1- D’abord, quand j’étais malade je mangeais du jambon blanc et du riz (mon plat préféré d’alors).

2- Je restais en pyjama toute la journée et je faisais ce que je voulais, par exemple regarder la télé (à partir du moment ou la TV est venue habiter chez nous, évidemment).

3- Ma mère se montrait attentionnée.

4- En général, je n’étais pas si malade que ça ; j’aimais bien l’idée que je trompais mon monde.

5- Je dormais beaucoup, ce qui me permettait de rêver que j’étais quelqu’un d’autre. Ce qui finissait toujours en grosse déception lorsque je me réveillais (mais bon).

6- A quatre heures et demi, je regardais passer les enfants qui rentraient de l’école en me cachant derrière le rideau du salon. J’aimais les entendre rire et crier, chanter ou se disputer sans qu’ils ne puissent me voir. J’aimais aussi l’odeur particulière des rideaux.

7- Bémol ; le soir venu, je ne parvenais jamais à m’endormir…

5 juin 2007

Aujourd’hui, c’est…

Publié par merlinbreizh dans Humeur, Maladie, Santé

Hôpital !

13h00 : EFR (exploration fonctionnelle respiratoire)

14h00 : échographie cardiaque

15h00 : radio des poumons

15h30 : consultation de pneumologie

Franchement j’adore mon deuxième chez moi :
Hmmm ! Cette bonne odeur d’hôpital, ces “Junkies” qui déambulent en pyjamas improbables et en chaussons avec leur dose plantée dans le bras et leurs cheveux dans la poche. Les plus fainéants se font pousser par un antillais toujours accompagné d’un pote avec qui il refait le monde toute la journée. Ils sont particulièrement nuls en refaisage de monde les antillais. Je dis ça au vu du temps qu’ils y passent et au vu de l’état de la planète.

Je commence toujours ma journée par un rapide arrêt au kiosque à journaux
Oui, c’est un peu comme une gare un grand hôpital comme Saint-Louis, sauf que, évidemment, on ne sait jamais très bien quand on va partir :

- Vous attendez depuis longtemps ?

- Deux ans.

- C’est long.

- Comme vous dites.

Enfin je dis ça, c’est un peu facile pour moi, je ne fais plus partie des types en danger. Aussi, je peut mater négligemment les petites infirmières et les nouvelles internes qui se baladent pour se faire draguer avant d’aller à mes petits rendez-vous.

Comme toujours, je vais beaucoup me faire chier

Je vais lire, je vais taper le “concours de maladie” avec des mourants. Ce qui est amusant, c’est d’essayer de deviner qui est le plus fichu parmi nous. C’est un jeu difficile. Il y a toujours un pauvre allergique flanqué de sa femme ou de sa fille pour vous regarder avec son air de chien battu, au bout du rouleau, prompt à se plaindre : “tu vois là, ben j’peux plus parler, j’peux plus…”, il y a aussi des types au costard noir élégant à qui on vient de diagnostiquer un cancer du poumon et qui téléphone à un pote pour tailler la bavette l’air de rien. Il y a ceux qui ont trouvé dans leurs petits soucis une façon d’exister à bon compte, il y a les inquiets, les paniqueurs, il a les branleurs, les je m’enfoutistes : “Ben il est où Mr Bidule ?” “Il est est à la cafète !”

Par ici la sortie, petit bonhomme !

Et puis il y a les infirmières et les aides-soignantes et leurs promesses de parties de jambes en l’air sur des plumards hydrauliques.Je sais que cela peut paraître bizarre, mais si je me suis formé pendant deux ans à la réflexologie, c’est pour un jour, qui sait, pouvoir travailler dans un hôsto de ce genre. Drôle de théâtre en vérité. Saint-Louis est un concentré d’urgence de vie. Ce qui s’y passe est puissant et vivifiant. C’est un lieu de vérités qui se disent, d’adieux, de pleurs, de joies, de vie ; un vrai quai de gare je vous dis.On ne se sent jamais plus vivant que là, au milieu de la vérité la plus crue.

« Merde ! J’suis en retard ! »

1 juin 2007

Le jour de l’aspirateur

Publié par merlinbreizh dans Humeur, Maladie, Santé, Vivre autrement

La vie s’égrène, ou plutôt, elle fuit
Goutte après goutte, elle s’échappe d’un robinet au joint douteux. Et aucun plombier, jamais, ne peut rien pour vous : trop de rendez-vous, pas le temps, débordé.

Une nuit, je me suis aperçu que la petite musique s’était interrompue. Plus aucune goutte ne s’échappait. Depuis quand ? J’ai souri en fixant machinalement mon image dans le miroir de la salle de bain. Mais c’était juste assourdissant ce silence tout à coup.

C’est à peu près à ce moment là que j’ai commencé à entendre mon coeur battre (frapper serait plus juste) dans ma poitrine. Je regrettais presque les gouttes de mon robinet. J’entendais ce fichu coeur de plus en plus souvent. Qui battait vite, de plus en plus vite, et de plus en plus fort, au point de m’empêcher de dormir à force de résonner à l’intérieur de mon fichu moi. Insupportable et angoissant.

Ce fameux matin, ma chérie m’a dit : “Ou bien tu passes l’aspirateur, où tu vas aux urgences !”
J’ai passé l’aspirateur consciencieusement, ne négligeant aucun recoin, débarrassant la poussière amoncelée, effaçant mes traces, puis sans rien dire, blanc comme un linge, sur un filet d’air qui me restait encore, je me suis traîné jusqu’aux urgences. Ils ont fait des radios, ils ont dit : “ça va aller” Puis ils ont dit : “Monsieur, je crois qu’on va vous gardez chez nous un petit peu.”

Ma tête, tout doucement est retombée sur le skaï froid de la table d’auscultation, j’ai fixé les néons blancs accrochés au plafond. Une larme a glissé, mécaniquement. J’ai pensé à la table de la morgue, j’ai cligné les yeux pour faire disparaître cette image. J’étais prêt. Je le savais. Depuis toujours je savais ce qui m’attendait. Je n’attendais même que cela : mourir vite.

Derrière les écrans de télé Florence Aubenas était prisonnière

Ca faisait bizarre. J’ai tenu le standard de Libé le soir pendant trois ans, je la connaissais. Pas très bien, mais elle m’était sympathique. Nous étions là, elle et moi, à nous regarder, elle assise auprès de ces tortionnaires, moi allongé, avec mes médecins omniscients qui me regardaient avec circonspection : SRAS, Sida, maladie mutante non identifiée ?

Ma mère n’est jamais venue me voir à Saint-Louis : “Tu comprends, Guy n’aime pas rouler dans Paris. Et puis c’est difficile de se garer”

Je remercie la maladie pour son aide précieuse
Sans elle, évidemment, je serais mort aujourd’hui. Mort de chagrin, d’effroi, de peur, de stagnation. Mort sans avoir compris. Comme l’autre (il se reconnaîtra).

Le Syndrome de Churg & Strauss est une maladie auto-immune qui touche une personne sur un million. Autant dire que j’ai de la chance. Elle peut vous tuer très rapidement, si vous en décidez ainsi, elle peut aussi se montrer gentille avec vous, si vous en décidez ainsi.

Aujourd’hui le robinet fuit à nouveau. A son petit rythme précieux. Je le regarde faire avec quiétude. Ma vie est différente, j’ai changé beaucoup de choses : tout. J’ai même accepter d’apprendre, pour une fois. Je ne compte plus les gouttes, simplement avec elles je vais et… Et je… goûte ?

Ben, pourquoi je parle de ça aujourd’hui, moi ?
Je sais. L’aspirateur : il faut que je passe l’aspirateur. Il y a un bordel ici.


P.S. : A ceux que cela intéresse, les maladie auto-immunes sont dues à une hyper sensibilité du système immunitaire. Autrement dit, votre corps considère certaines de vos cellules comme étrangères à lui-même et il tente, avec beaucoup de persévérance et d’efficacité, de les tuer.

Oui, votre corps cherche à vous tuer…

zhaby2toi.unblog.fr |
Le petit monde de Puce |
virtualgraphia |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Watit'.lamine
| Jean-Luc Boucabeille
| Combattre encore et toujours