>Le Grenier

29 juin 2007

Le Parisien

Publié par merlinbreizh dans Croquis, Littérature, Société, Textes

Hier, lors de ma petite promenade du matin avec Thérèse, on l’a vu. Le Parisien. Il se tenait au pied d’un arbre, en face de l’école élémentaire. Il faisait frisquet dehors et on aurait dit une poule qui couve un oeuf. Il avait la tête rentrée, il ne bougeait pas pour résister à l’humidité et au vent. Il s’est contenté de suivre Thérèse des yeux quand elle s’est approchée très près de lui en le reniflant. Un vrai clochard, un pauvre rat des villes, sale, gris et malade. J’ai dit : « Non ! » Et Thérèse, parfaitement éduquée, parfaitement maîtrisée telle la lame d’un sabre japonais aux mains d’un valeureux Samouraï, s’est immobilisée. Elle a tourné vers moi sa gueule remplit de sauvagerie, a pris la mesure de ma domination sur elle, a décidé de renoncer à la curée à laquelle elle était pourtant destinée.

J’ai regardé le pigeon parisien agonisant. Il m’a regardé un instant, puis il a baissé la tête à nouveau. Thérèse et moi avons poursuivi notre balade dans la ville. Mais j’ai plusieurs fois repensé à ce satané pigeon.

Nous sommes repassés devant l’école élémentaire avant de rentrer à la maison. Le pigeon de Paris n’avait pas bougé. Simplement il n’avait plus de tête. La lame d’un sabre était passée par là . Des plumes blanches, pareilles à celles d’un oreiller, étaient dispersées tout autour. Poussées par le vent humide, elles s’éloignaient inexorablement du cadavre. J’en ai même vu quelques unes s’envoler doucement.

Le Parisien (pigeon vole)

18 juin 2007

Mémoires d’un paysan Bas-Breton

Publié par merlinbreizh dans Société, Terre

Il semble que mon petit post sur les bretons a été mal perçu par certains. Je m’en excuse. Je n’avais aucune volonté de blesser qui que ce soit, à par moi-même peut-être. J’aime beaucoup ce pays et ses habitants (et tantes), que ce soit clair.
Les clés du paradis
Pour me faire pardonner je propose à ceux que cela intéresse de se procurer un très joli, livre, le plus beau qui soit, à mon humble avis, écrit sur la Bretagne : Mémoires d’un paysan Bas-Breton, de Jean-Marie Déguignet.

Né en 1834, mendiant à 6 ans, issu d’une famille ou on ne savait ni lire et écrire, ni parler le français, il a traverse son siècle comme une épée qui frappe l’eau, comme un petit dom quichotte échoué à Quimper !

“Déguignet apporte une vision décapante de la Bretagne du siècle dernier, mais aussi de l’armée impériale à travers les différentes campagnes de guerre. Son journal, un vrai roman d’aventures, est celui d’un écorché vif mais pas d’un aigri. On ne s’y ennuie jamais. De plus sa vision critique des choses remet en cause beaucoup d’idées reçues. On le lit avec délectation quand il raconte comment le candidat républicain fut élu face au candidat clérical, malgré les manoeuvres de ce dernier qui avait offert à boire et à manger, à volonté, à tous les électeurs de la commune. On le suit avec passion quand il analyse la situation des prolétaires bretons, ou les conditions de l’enseignement « il n’y a aucun livre répondant aux exigences et aux aspirations modernes des écoliers, attendu que ces écoliers demandent qu’il n’y ait plus d’écoles du tout, sinon les écoles où l’on enseignerait les meilleurs moyens de jouir de la vie en ne faisant rien que boire, manger, fumer, chanter, danser, flirter et extravaguer dans l’ignorance, les orgies et la boue ; du sang il ne faut plus en parler, car il n’y en a plus dans les veines de la génération actuelle » écrit-il en 1900. Décidément, en 100 ans les choses n’ont pas changé “

Cet extrait de commentaire du livre de Déguignet a été emprunté ICI. N’ayant pas trouvé le moyen de contacter son auteur, je me permets de le citer sans son autorisation.

16 juin 2007

« Réunion publique au Gymnase Victor Hugo, un mort ! »

Publié par merlinbreizh dans Humeur, Politique, Société

La direction de l’établissement offre à son aimable clientèle un lien gratuit pour visionner un petit extrait du One Woman Show d’une jeune comique Val d’Oisienne, Sylvie Noachovitch, avocate de profession. “Réunion publique au Gymnase Victor Hugo”, tel est le titre du spectacle qu’elle a joué à Garges-lès-Gonesses devant un parterre de vieux et un alcoolique (qui doit bien regretter d’être venu).

Sylvie Noachovitch

Ce spectacle comique raille le clientélisme le plus sordide. Avec beaucoup de réalisme, une émotion à fleur de peau, l’avocate nous dresse le portrait affligeant de la vieille politique à Papy, du temps ou il faisait de la résistance, quand on flattait encore l’électeur dans le sens du poil, quand il suffisait de dire pour être élu : “Vote pour moi parce que je te connais !” En regardant l’électeur toujours du haut de l’estrade comme s’il était un enfant non éduqué, une sorte d’enfant sauvage qu’il fallait simplement savoir rassurer. Il est question d’aimer, d’aider, de sauver son prochain, mais de politique, du déficit, de la SéCu, de solutions politiques aux problèmes de logement, d’emploi, de sécurité, il n’est jamais question. C’est bien simple, si ça n’était pas pour rire, on y croirait presque, et ça ficherait la trouille !

The show must go on

Fort heureusement, cette politique là est morte. Enterrée. Pour de bon. Ce n’est qu’un spectacle. Nous sommes entrée dans une nouvelle erre : celle du réchauffement climatique. Ca n’a rien à voir avec le sujet ? Vous avez raison, et alors ? On est proZélyte, ou on l’est pas !
VIDEO DU SPECTACLE

(il est d’usage d’utiliser P.S. pour Post Scriptum, mais là, ça collait pas)

U.M.P. : candidate aux élections législatives 2007 dans la 8ième circonscription du Val d’Oise. Sylvie Noachovitch présente son programme. Quoique le mot paraîsse inapproprié. Ca ressemblerait plutôt à un copier-coller de plaidoyer de correctionnel pour tapage nocturne, tel qu’elle en faisait auprès du sémillant Julien Courbet, dans l’émission télévisuelle “Sans Aucun Doute”, sur TF1.

11 juin 2007

Vengeance, je crie ton nom !

Publié par merlinbreizh dans Humeur, Internet, Société

Il m’en souvient, doux souvenir sucré, j’en ris encore, parfois, en sirotant mon jus de pomme alcoolisé le soir à la veillée. Elle, ma concubine, et aussi sa meilleure copine, à deux elles riaient à jolies gorges déployées :

“Internet ? Marchera jamais ! Crois moi, Roro et moi, on est la mode, la tendance, la Cool attitude ! Marchera jamais ! Nan !”

Regardez la, avec son maigre canife de boucher, cinq ou six ans après ! “Marchera jamais Internet !”
Mon new Jeans top !

Quand je pense à tous ces jeans, robes, tee-shirts, chaussures, gadgets, livres : bref, tout cet argent qu’elle a claque en ligne !

10 juin 2007

So Smart

Publié par merlinbreizh dans Croquis, Humeur, Littérature, Société, Textes

So Smart, So blondie, So botox, So stupid, So fashionable, So in late to be fashion in the city !

Et là voici à l’angle de la rue des Francs Bourgeois et de la rue Pavée. Le feu est vert ! Mais pourquoi ils avancent pas devant ? « Mais viteeee ! Tut ! Tuuut ! enfin ! » Elle mordille sa lèvre So glossy (en jetant vite fait un oeil dans le rétro pour vérifier, à tout hasard, si ce petit effet So funny n’altérerait pas son maquillage So glamour, ou pire si le boudin So plastic and Botox ne lui péterait pas à la gueule comme une So vulgaire chambre à air ; ce qui serait So affreux, vous en conviendrez).

C’est qu’elle va se faire doubler chez Vanessa Bruno ! Et puis il y a aussi cette petite robe en maille So Arty qui l’attend au Comptoir des Cotonniers ! Mais viteeee !!! « Oh ! Mais ne serait-ce pas cette petite vedette de cinéma So bankable que je vois là? Mais si ! Oh ! Elle est So moche avec ce So magnific gilet en cuir ! Mais pourquoi ils viennent tous dans notre quartier So hype à nous, tous ces crevards d’étrangers. Elle veut parler des touristes japonaises, américaines, suisses, chinoises, russes, évidemment, car elle n’est pas raciste. Non. Juste, elle s’en fout des autres ; la preuve :

CCCRRRRRRRRRRRR ! Tut ! Tut !
Mais oh ! Mon Dieu ! Sainte Prada priez pour Nous ! Elle, So smart, So frenchy, So conne, elle vient de renverser avec sa So craquante petite Smart un petit bonhomme de quatre ou cinq ans So adorable qui roulait sagement à droite sur son petit vélo So class derrière sa très jolie maman So Bobo.

« Mais Euh ! Tut ! Tut ! Tut, aussi ! Ca avance pas, c’est pas ma faute quand même ! » Et même pas elle descend de sa voiturette So fashion, elle se faufile déjà avec cette manière So parisienne entre les passants qui s’en foutent aussi.

Vite ! So Vite ! Elle est en retard pour son So-pping du dimanche après-midi !

Ceci est évidemment une histoire vraie.

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